Acte I, Scène 1 – Itinéraires croisés : Genre, Féminismes et Politique

Acte I, Scène 1, 28 mars 2014. La scène se passe dans le  bâtiment D, amphi D002, à l’université Paris 8

Itinéraires croisés : genre, féminismes et politiques

Journée organisée par les doctorant-e-s du Centre

Argumentaire :

Cette journée d’études vise à rendre compte des multiples usages du concept de « genre » et à témoigner de la grande diversité des recherches doctorales dans une perspective féministe. La journée s’articulera autour de trois axes : le rapport qu’entretiennent l’« académie » et la « rue », l’interdisciplinarité dans les études de genre et les luttes actuelles dans une perspective postcoloniale. Une table ronde consacrée à l’avenir des études de genre clôturera la journée.

Les études de genre et les courants de pensée féministe se sont intégrés à la cartographie scientifique contemporaine. En France et à partir des années 1970, les luttes féministes se sont d’abord exprimées dans la « rue », avant d’être inscrites dans un cadre institutionnel. Cette journée se propose de revisiter cet échange entre la « rue » (milieux associatifs, militants, artistiques et littéraires) et l’université pour réfléchir sur le processus d’institutionnalisation qui a permis de relier ces mouvements à la sphère universitaire. Interroger les apports et les appuis de la « rue » à l’université et réciproquement revient aussi à poser la question des rapports de force entre les revendications féministes et le pouvoir institutionnel. Ainsi, ce premier groupe de communications s’intéressera aux éventuelles limites de leurs interactions. Est-ce que les études de genre opèrent un changement de la vision disciplinaire des sciences au sein de l’institution ou est-ce au contraire cette dernière qui « académise » les recherches sur le genre ?

Le féminisme comme positionnement politique et perspective de recherche, et le genre comme catégorie d’analyse critique réactivent les nombreux débats à la fois politiques, épistémologiques et méthodologiques qui traversent les disciplines. Depuis son émergence dans la clinique behavioriste normative aux États-Unis dans les années cinquante, et jusqu’à ses réappropriations féministes dans les champs militants et/ou académiques, cet outil conceptuel central des études féministes a beaucoup évolué. En effet, les multiples avatars du genre, ses migrations et ses traductions conceptuelles, incitent à s’interroger et à rester vigilant-e quant à ses usages et à ses mésusages. Le second groupe de communications se penchera sur l’utilisation du genre dans les pratiques politiques et scientifiques. La dynamique introduite par ces problématiques, ces objets, ces savoirs et manières de faire a longtemps été disqualifiée par l’androcentrisme aveugle de nombreuses disciplines, méthodes et concepts. Comment continuer à susciter des questionnements et des perspectives nouvelles, à même d’enrichir la réflexion interne et le dialogue entre les disciplines des sciences sociales, historiques, politiques, des études littéraires et des sciences expérimentales ?

Du black feminism aux études postcoloniales, plusieurs approches issues de perspectives émanant principalement des anciennes colonies ont contribué à faire émerger de nouvelles façons de concevoir le féminisme. Ces féminismes repensent à la fois les fondements de leurs luttes et l’universalisme supposé d’un certain féminisme eurocentré. Ce troisième groupe de communications traitera de l’articulation entre la pensée postcoloniale et ce qu’on appelle l’”intersectionnalité” pour mettre en évidence l’imbrication des rapports sociaux de sexe, de « race » et de classe. Ce sera aussi l’occasion de mettre en lumière des parcours individuels militants de personnes ayant participé aux bouleversements politiques et sociaux.

En conclusion, une table ronde fera dialoguer des doctorant-e-s du Centre d’hier et d’aujourd’hui. On y suivra le chemin tracé par nos recherches et nos créations autour du genre et l’on y évoquera leur devenir, y compris professionnel.

Programme de la journée

9h : Accueil des participant-e-s

9h15 :  Ouverture de la journée par Agnès Netter, cheffe de la mission pour la parité et la lutte contre les discriminations du Ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche (MESR)

9h30 : Coup d’envoi par Nadia Setti

9h40 : Présentation de Danièle Katz-Rosenfeld, chargée de mission pour l’égalité Femmes/ Hommes et la parité à Paris 8

10h Féminismes, genre et institutionnalisation

Modératrice : Kamila Bouchemal (doctorante en études de genre, mention littérature francophone)

Heta Rundgren (doctorante en littérature comparée et études de genre, Paris 8/Helsinki) : « L’opposition rue/université, une construction réaliste ? »

Sylvain Gasançon (doctorant en études de genre, mention littérature comparée, Paris 8) : « Monique Wittig, l’écriture po(é/li)tique »

11h:  Discussion

11h30 – 12h30 :  Genre, interdisciplinarité et épistémologies féministes

Modératrice : Anne-Marie Van Bockstaele (doctorante en études de genre et littérature française)

Guillaume Roucoux (doctorant en sciences religieuses, mention études de genre, EPHE/Paris 8) : « Théologie, féminisme et études de genre »

Melinda Mód (doctorante en études de genre, mention littérature comparée, Paris 8) : « Le genre à l’épreuve de l’imaginaire littéraire postcolonial : le cas de la “littérature beur” »

12h30 : Discussion

14h15 – 15h30 : Féminismes et Luttes d’ailleurs

Modératrice : Akila Kizzi (doctorante en études de genre, mention littérature francophone)

Fériel Lalami, (sociologue, université de Poitiers, Laboratoire GRESCO : « L’Algérie,  une pause dans les mobilisations féministes? »

Nassera Merah (doctorante en sociologie, Paris 8) : « Les législatives de 2012 en Algérie : des femmes-quotas aux militantes genrées. »

Ouerdia Benmamar (doctorante en études de genre, mention littérature francophone, Paris 8) : « Quelle place pour les luttes féministes dans les révolutions arabes ? »

15h30 : Discussion

16h30 : Table ronde Les études de genre en devenir

Avec la participation d’Eric Prenowitz, maître de conférences en études culturelles à l’université de Leeds (UK), docteur en études féminines du CEFEG, d’Anna Rita Iezzi, docteure du CEFEG en études de genre, mention littérature comparée, et de Cornelia Möser, docteure en science politique et études de genre de Paris 8, chargée de recherche, CNRS CRESPPA-GTM.

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